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17/06/2013
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Anthem - Evil One
(2012)


vendredi 13 septembre 2013

Anthem - Seven Hills



Nom de Zeus Marty !
Retour vers le Passé !

2001 , Anthem signe son grand retour sur les devants de la scène avec l'album Seven Hills.
Si je parle de grand retour, c'est parce que je 'zappe' volontairement l'album précédent sorti en 2000, Heavy Metal Anthem, car il s'agit d'un album de remake avec le célèbre Graham Bonnet au chant à la place de Yukio Morikawa.
Personnellement, c'est bel et bien Seven Hills qui marque donc le retour de l'un des pionniers du Heavy Metal Japonais après 9 ans d'absence, depuis 1992 et l'album Domestic Booty.

Après tant de silence, quelques petits changements ont été faits; Mad Ohuchi a laissé sa place de batteur à Hirotsugu Homma, que Naoto Shibata a rencontré durant son court passage en tant que bassiste au sein de Loudness. Graham Bonnet ne restera pas non plus et laisse également sa place; ce n'est pas Morikawa qui reprendra sa place mais Eizo Sakamoto, le chouchou du public !
On se retrouve donc avec la line-up à succès d'Anthem qui sévira jusqu'à Burning Oath et le (triste) départ de Homma pour raisons médicales.

La première partie de carrière du groupe a révélé Anthem comme un quatuor bourré de talent et extraordinairement jouissif. Un nouveau départ résonne, et va se révéler être les solides fondations du Heavy Anthemien tel qu'on le connait depuis une dizaine d'années.


Seven Hills démarre très fort avec le single issu de cet album, Grieve of Heart.
Comme à leurs habitudes, Anthem démarre sur les chapeaux de roues avec un titre pêchu, diablement puissant et aux sonorités assurées !
La première chose que l'on note, c'est que 9 ans d'absence ont eu un avantage non négligeable: la qualité sonore a été grandement améliorée. Le son est net, équilibré, puissant et sans les fioritures inhérentes à la musique old school.
Ce 1er morceau fait beaucoup penser à l'excellent Shadow Walk, et comme d'habitude, Anthem n'oublie pas ses racines.
Le solo est une surprise sans l'être; au delà du fait qu'Anthem ait toujours recruté des musiciens de talent, l'arrivée d'Akio Shimizu a marqué un grand bon en avant dans la technicité de la guitare. Consacré par Domestic Booty, le solo de Grieve of Heart est haut en couleurs et d'un niveau technique affolant, chose à laquelle on sera de toute façon habitué par la suite.
La batterie menée par un Homma fraîchement arrivé gagne en précision tout en conservant toute sa puissance d'antan, la basse reste toujours aussi présente, et l'on reconnaît tout de suite l'empreinte vocale d'un Eizo Sakamoto en grande forme, avec sa voix aiguë et criarde toujours aussi plaisante.
Ce départ est tout simplement délicieux et excellent !

On passe en mid tempo avec Raging Twister.
Avec ce morceau, on touche le point majeur de la composition de Seven Hills: une musique épurée saisissante et puissante, qui paraît simple aux 1ers abords mais qui se révèle fouillée et aussi bel et bien à la hauteur du niveau technique que l'on connaît au groupe.
Un refrain simple et entêtant, l'une des marques de fabrique Anthemienne que l'on retrouvera une fois encore par la suite.

XTC, le morceau suivant est une des figures emblématiques de ce côté précurseur, caractéristique de Seven Hills.
On retrouve déjà dans la composition les gimmicks du futur du groupe. C'est carrément efficace et entraînant, rythmé par un Akio et un Hiro qui entraîne toute la bande dans une course effrénée au Heavy.

Avec The Man with no Name, on a le droit à un autre précurseur.
On continue avec ce son épuré, pour une sortie propre et nette à laquelle on peut trouver quelques similitudes avec ce que pourrait composer Loudness.
Je crois qu'il est inutile de rappeler à chaque morceau que le solo de guitare est toujours aussi impressionnant !

March to Madness introduit une piste qui paraît un poil plus lourde que les autres (comme c'est finalement souvent le cas, et pas seulement pour Anthem : il y a toujours un morceau au moins qui se fait un peu plus violent/lourd/sombre).
Mais qu'est-ce que c'est bon ! Un Heavy Metal épuré, propre, qui fait clairement honneur à la New Wave des années 80, ou même à la propre disco du groupe, en piochant ci et là pile ce qu'il faut pour nous faire fondre.
Ce titre est certainement le plus représentatif de la carrière du groupe, une espèce de melting pot de tout ce que les anciens albums avait de mieux à proposer.



Quand je disais que Seven Hills est LE précurseur de la carrière des années 2000 du groupe, ce n'est pas pour rien.
D.I.M. 422 est l'instrumentale de l'album. Cet exercice deviendra récurrent à chaque album comme tout le monde le sait maintenant.
Alors que donne cet exemple de technicité? Placée dans son contexte temporel, cette instru pose les bases de la composition qui servira à presque toutes les futures.
Un schéma classique de morceau traditionnel : (couplet/refrain)x2 / break / solo / refrain final.
La basse est très présente dans le couplet et fusionne avec la guitare pour le refrain avant d'atteindre l'habituelle apogée technique apportée par le solo d'Akio Shimizu.
C'est impressionnant, envoûtant et foutrement excellent !
Si on place D.I.M. 422 dans le reste de la disco, eh bien... elle reste clairement l'une des meilleures, juste derrière Pilgrim qui garde toujours son statut de meilleure instru du groupe. Ground Zero et Omega Man (des albums Overload et Eternal Warrior) reprendront le même genre de composition en baissant légèrement le tempo mais ont l'énorme défaut d'être beaucoup trop similaires, Insomnia (Immortal) sera certes très bonne, mais un poil trop influencée Power Metal, dénaturant un peu le Heavy Metal du groupe. Puis sortira Pilgrim (de l'album Black Empire), l'incroyable Pilgrim dont je ne cesserai de faire les éloges. La suite, nous en avons déjà parlé dans les articles critiques respectifs.
Au final, D.I.M. 422 se pose comme la génitrice inégalée des instru, car seule Pilgrim et sa composition entièrement révisée et novatrice parviendra à un tel niveau d'excellence.

Avec Running Blood, on fait écho au 1er morceau de l'album, avec un rythme et des sonorités similaires; et ça marche toujours aussi bien!
Ce morceau fout diablement la pêche et nous donne envie d'hurler avec Eizo, de head bang toute la journée ! Tout ce qu'on aime en somme !

Dans la continuité, Freedom nous livre un Heavy toujours pêchu et propre qui montre une fois encore toute l'amplitude de la voix d'Eizo Sakamoto. Mais comme dans beaucoup d'albums, il s'agit d'un morceau un peu 'break', peut être un peu moins impressionnant que les autres mais qui permet de souffler un peu dans ce déluge de technique, et qui finalement, permet d'apporter un peu d'équilibre à la tracklist.

Silently and Perfectly est une autre petite perle de l'album, lourde et oppressante, on sent une vraie volonté de marquer les esprits avec ce morceau. Anthem a l'habitude de proposer en fin d'album un morceau de ce genre, généralement juste avant le final.
Les lignes de guitare sont un vrai délice et le solo est dans la pure lignée avec quelques influences groovy franchement agréables.
Le riff de fin clôture avec brio cet excellent morceau avant d'enchaîner avec la fin.

Du Heavy Metal couplé à quelques notes de Hard Rock, ça vous botte? Public, je vous présente The Innocent Man.
Anthem a pour habitude de trouver un p'tit truc, un poil hors normes, pour clôturer un album, ici c'est un morceau qui inspirera surement le futur excellentissime Blind Alley (de l'album Heraldic Device), dans un tempo un peu moins rapide, plus posé, et donc plus envoûtant.
Ces petites influences font écho à tout un pan de notre culture musical, Heavy Metal et Hard Rock ayant toujours été lié dans l'histoire et ça se sent !
Anthem maîtrise ce délicieux mélange, fait pas étonnant quand on sait les bêtes de travail et de fignolage qu'ils sont.
Tous les postes sont à leur apogée pour un final grandiose !


Conclusion
Seven Hills, qui marque donc le retour d'Anthem dans les bacs, est sans aucun doute une pure réussite, et quelle réussite !
Avec son Heavy épuré, propre, sans fioritures, sans ajouts, sans additifs ni colorants artificiels, Seven Hills nous livre une compo typiquement old school mais remise au goût du jour, qui n'est donc pas sans rappeler toute une partie de la disco de Loudness.
C'est à la fois simple à 1e vue, et bien complexe dès que l'on se penche un peu plus dessus. Les morceaux nous prennent aux tripes et font clairement appel à notre amour du Heavy Metal old school.
Malgré un côté peut être un peu répétitif, la diversité du jeu des instruments est proprement hallucinante. Une petite mention pour Akio Shimizu qui confirme son niveau technique toujours aussi affolant, particulièrement dans les solos où il nous fait un véritable exposé de techniques variées aux sonorités qui le sont tout autant et qui permettent de ne pas s'ennuyer une seconde durant ce véritable déluge!

La 2e grande force de cet album est de poser les bases pour le futur sur beaucoup de points : l'équilibre de la tracklist, une partie de la composition, et surtout l'instrumentale.
Il y a par contre un point négatif, toujours ce même point qui reste depuis le tout premier album du groupe : la durée de la tracklist. 10 morceaux, comme souvent, c'est malheureusement trop court... Rappelons que seuls 3 albums sur toute la disco ont fait exceptions avec 11 pistes, mais qu'en contre partie, deux albums sont à 8 pistes et un 3e à 9 pistes.
J'imagine que le haut niveau technique et la fréquence de sortie des albums pousse le groupe à raccourcir ses tracklists, à notre grand damn !

Anthem signe avec Seven Hills l'un de ses meilleurs albums (en incluant dans ce constat les albums futurs) pour son grand (et vrai) retour sur la scène, et ouvre sur ce que l'on connait par la suite. Et même si dans les albums suivants, certains points peuvent être discutables (power metal, quand tu nous tiens lalala), le tout envoie sacrément du bois, roxx du pâté, défonce sa mère comme dirait l'autre et comme on l'aime.

Mais surtout, Seven Hills est à inscrire au Panthéon du Heavy Metal !



Les +
- Un Heavy Metal épuré et parfaitement propre
- Un précurseur délicieux
- La qualité Anthem
- Certains morceaux sont de vraies petites perles

Les - 
- Une tracklist trop courte, comme toujours...
- Un (tout) petit côté répétitif
- Sinon, rien !


Seven Hills Tracklist
1 - Grieve of Heart
2 - Raging Twister
3 - XTC
4 - The Man with no Name
5 - March to Madness
6 - D.I.M. 422
7 - Running Blood
8 - Freedom
9 - Silently and Perfectly
10 - The Innocent Man