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17/06/2013
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Anthem - Evil One
(2012)


jeudi 1 août 2013

Onmyouza - Kongô Kyûbi



Après avoir cuisiné le concept album Kishi Bojin à toutes les sauces, Japan Heavy vous propose de revenir un poil en arrière et de se mitonner un petit Kongô Kyûbi cette fois-ci.

Revenons deux petites années en arrière. Le 9 septembre 2009, Onmyouza accouche de son dernier bébé poétiquement nommé "Kongô Kyûbi".
Rappelons qu'à ce moment là, Tora n'avait pas encore quitté le groupe, et c'est donc la line-up habituelle au grand complet qui officie pour cet album.

Nous allons exorciser la vanne immédiatement afin d'être tranquille : non, cet album n'est ni un hommage à Naruto, ni même ne s'en est inspiré.
Comprenons nous bien, si le manga Naruto a bel et bien popularisé le fameux renard à neuf queues, il ne l'a absolument pas inventé.

Etant donné que sur cet album une Kumikyoku (petit rappel: Suite musicale) composée de 3 morceaux estampillés Kyûbi est présente, un bref historique est le bienvenu.
Sachez tout d'abord que la créature que l'on nomme Kyûbi n'est pas issu du folklore japonais comme on pourrait le croire, mais du folklore coréen, plus précisément des contes et légendes oraux, dont le nom d'origine est Kumiho. Il apparaît donc dans le folklore japonais sous le nom complet de Kyûbi no Kitsune (raccourci à Kyûbi), mais aussi en Chine où il est appelé Jiu Wei Hu.
Selon les légendes coréennes, un renard devient un Kumiho lorsqu'il atteint le millénaire d'existence. Il devient alors capable de se transformer en ce qu'il souhaite. Toujours selon ses légendes, il se transformerait le plus souvent en une belle jeune femme, afin de séduire les hommes et les abuser pour causer leur perte. Par extrapolation, le Kumiho a été associé à la figure de sorcière, et a toujours décrit et conté comme une entité mystique aux intentions malhonnêtes.

Plus grand chose à voir donc avec cette boule de poils capricieuse et orgueuilleuse qui ne pense qu'à foutre le bordel dans les histoires du ninja le plus agaçant de tous les temps.

On a donc une fois encore un contexte culturel et folklorique chargé, chose à laquelle on est habitué maintenant.
Il faut savoir que cet album a été relativement critiqué sur la toile, pas descendu, mais accueilli avec un certain regard un peu accusateur, mais j'y reviendrai en fin d'article, car avant de pouvoir porter un éventuel jugement, il faut bien entendu l'avoir écouté et analysé un tant soi peu.
Sur ce, allons y gaiment et en Heavy s'il vous plaît !



Kongô Kyûbi s'ouvre sur Baku, qui démarre avec une ambiance très symphonique presque onirique. Ici, pas d'instrumental, on a direct le droit à un vrai morceau.
Les premières et légères lignes de guitare se font entendre accompagnées par la forte présence de la basse de Matatabi qui pousse la chansonnette.
Le refrain est lancé par Kuroneko et, si l'intro laissait présager une belle chanson influencé Heavy Metal, ici on a plutôt l'impression d'entendre un générique d'animé, purement japonais.
Un beau morceau mais qui fait plus office de balade qu'autre chose ce qui rend sa place dans la tracklist peut être discutable.

Débute alors vraiment l'album. Aoki Dokugan et son riff ravageur résonne et déclenche enfin les hostilités. Il s'agit du 2e single extrait de l'album et c'est de plus un hommage à Date Masamune, un célèbre général qui s'est notamment illustré en 1600 durant la Bataille de Sekigahara.
On se rend compte qu'en fait , Baku prend la place de l'intro instru dont on a l'habitude et que l'album commence vraiment avec le 2e morceau, rythmé, entraînant et diablement efficace.
Le duo de chanteurs est toujours aussi plaisant et nous emmène jusqu'au solo de guitare lui aussi toujours aussi excellent.

Onmyouza aime bien, de temps en temps, aller piocher quelques influences sympa par ci par là. Izayoi no Ame fait partie de ces exemples. On prend la sauce Heavy FM des années 80 et on en fait du Onmyouza!
La superbe voix de Kuroneko qui dirige le tout n'est pas sans rappeler les voix hauts perchées des chanteurs de cette époque, comme par exemple Axel Rose ou Bruce Dickinson pour ne citer qu'eux. Un Melting pot qui fait plaisir à entendre !

On calme un peu le tempo après deux morceaux bien jouissifs. Kosode no te nous livre des lignes de guitare légères et une ambiance douce presque enchanteresse qui se veut très apaisante. Un simili de balade rock, pas extraordinaire, mais qui reste très agréable à écouter pour se détendre.

C'est l'heure des Ninja Scrolls ! haha
Kuzaku Ninpouchou est un morceau somme toute assez classique dans sa composition. Rien de particulier à dire ; c'est simple mais efficace, point barre !

Vient ensuite la petite perle de cet album : Banka !
Rappelez vous, dans ma critique de l'album suivant Kishi Bojin, je vous disais que Oni Kosae no Uta explorait les méandres de la musique funky.
Eh bien ici, ce sont celles du Blues Rock : nos père Eric Clapton, Gary Moore, Joe Bonamassa ou encore Jimmy Page (dans une certaine mesure) seraient, je pense, fort honorés.
Le groupe explore donc un registre très inhabituel, et pourtant étrangement maîtrisé. Matatabi fait preuve d'un savoir faire extraordinaire au chant Blues Rock, le solo est un hommage à peine caché à Gary Moore, et le duo vocal de la fin nous fait frissonner de plaisir et de nostalgie.
On a le Blues dans la peau, et diable, que c'est bon !


Banka

Les deux morceaux suivants sont en fait le 1er single extrait de Kongô Kyûbi et ont servi de thèmes principaux au jeu The Inugami Clan sur Nintendo DS.
Avec Soukoku, on retrouve la recette ultra efficace des meilleurs morceaux du groupe.
Un riff dévastateur, un délicieux Matatabi au couplet, une Kuroneko envoûtante au refrain, une basse hypnotisante et une batterie percutante !
Soukoku est à clairement inscrire dans la pure lignée de ces morceaux réussis et si jouissifs qui font l'identité d'Onmyouza.

J'aimerais cependant pouvoir en dire autant de Doukoku...
Si Soukoku faisait tout à fait ouverture pour The Inugami Clan, on sent bien que Doukoku le clôture.
Ambiance posée, mélodie à base de clavier et de basse, cela s'apparente un peu à Kosode no te, mais les guitares en moins, bien que celles ci tentent parfois timidement de pointer le bout de leurs cordes.

Il est à présent temps d'ouvrir la Kumikyoku de cet album.
Basée donc sur le fameux démon renard à 9 queues, la suite s'ouvre sur la très bonne Tamamonomae. Une intro dévastatrice avec cette ligne de guitare carrément géniale qui créée une ambiance mystique très réussie.
Alors que le morceau se termine sur les mêmes notes qu'il a commencé, la suite continue.


Tamamonomae

Shoumakyou est un morceau extrêmement long (environ 9min30) et complexe. Il symbolise toute la richesse culturelle liée à ce fameux renard.
Si les lignes de guitare du départ mettent en scène quelque chose de sombre, la douce voix de Kuroneko y apporte un peu de clarté, tandis que celle de Matatabi est teintée de façon presque inquiétante, le tout trouvant un équilibre avec la dualité des chanteurs.
Le rythme se fait alors très changeant, tantôt plus rapide, tantôt plus lourd, l'ambiance jonglant entre ces deux registres de la même manière.
Sur la fin, le tempo accélère franchement avant de conclure sur le chant de Matatabi distordu électroniquement, c'est étrange mais bizarrement et parfaitement incorporé à la complexité du morceau.

Fin brutale pour Shoumakyou, résonnent alors les tambours de la batterie suivis d'un petit solo de guitare acoustique. Puis, brutalement, le Heavy fait son retour. Sesshouseki est la 3e et dernière partie de la suite musicale Kyûbi. Le chant de Matatabi se fait tout aussi brutal, Maneki et Karukan accompagnent de quelques growl en arrière fond, ce qui n'est pas sans rappelé le break avant le solo du morceau Maou, sur l'album Maou Taiten (2007). On retrouve un peu le même schéma de composition, et c'est un écho qui fait clairement plaisir à entendre.
Certains passages à base de guitares saturées nous rappelle que le Kyûbi n'est pas vraiment une bestiole bienveillante.

Quoi de mieux pour conclure qu'un morceau jovial, persistant et jouissif à souhait?
Un peu à la manière de Kappa wo Dori qui terminait l'album Mugen Houyou (2004), vous allez garder le refrain de Kuraiau en tête pendant un moment.
J'y entends personnellement une grosse influence du Heavy typique de la New Wave des années 80 telle que Iron Maiden savait nous la jouer (mais ceci est avant tout une remarque subjective et n'engage que moi haha) .
Le solo est du même acabit et donne envie de se lever et de danser, d'oublier tout le reste pour ne se focaliser que sur ce morceau qui fout la patate à n'importe quelle heure de la journée !
Parfait pour conclure !

Kuraiau

Conclusion
Que peut-on donc sortir de cet album?
Alors, les reproches dont je parlais en début d'article. D'après de nombreux internautes, Kongô Kyûbi serait trop orienté pop, mainstream, donc trop grand public, et perdrait de ce fait une partie de son âme Heavy Metal.

Si la remarque pourrait peut être se justifier, je vais cependant la nuancer.
Il est vrai que cet album n'est pas le plus réussi, non pas qu'il soit mauvais, loin de là, mais il souffre d'un défaut unique mais de taille: il nous donne vraiment l'impression d'un déjà vu.
Soyons clair, mis à part Banka qui sort du lot grace à ses influences Blues, le reste est du déjà entendu, depuis maintenant 10 ans.
Encore une fois, ce n'est pas mauvais pour autant. On est en terrain connu, et la recette prend toujours.
On aurait juste aimé une ambiance plus personnelle, plus marquée, que ce fameux Kyûbi ait un peu plus d'identité propre, plutôt que de simplement ressembler à ses grands frères.

Ce que les gens appellent "influences pop" font, je pense, référence aux morceaux Baku et Doukoku qui font effectivement un peu plus mainstream, mais cela se justifie en soi : Baku est en fait l'équivalent de l'intro acoustique, et Doukoku est un générique de fin pour un jeu vidéo. Pas de quoi s'affoler donc.

Cela reste cependant un très bon album.
Si Banka est indéniablement LA réussite de l'album, les morceaux bien pêchus tels que Aoki Dokugan ou Kuraiau, les ambiances très réussies de Soukoku et Tamamonomae, ou la complexité de Shoumakyou sont autant d'arguments de poids dans cette tracklist !

D'autant plus, que si au moment de la sortie de l'album, on ne pouvait pas encore le savoir, mais étant donné la qualité de l'album suivant, ce reproche de manquer de personnalité devient légèrement obsolète, Kishi Bojin équilibrant la balance.

Onmyouza livre avec Kongô Kyûbi un album qui foulent des sentiers battus, mais qui le fait de bien bonne façon !


Les +
- Banka, délicieuse réussite
- Concept folklorique intéressant et ambiance générale réussie
- De très bons morceaux

Les -
- Manque d'identité propre
- Donc certains morceaux trop similaires à d'anciennes compositions
- Ambiance connue, peut être trop?



Kongô Kyûbi Tracklist
1 - Baku
2 - Aoki Dokugan
3 - Izayoi no Ame
4 - Kosode no te
5 - Kuzaku Ninpouchou
6 - Banka
7 - Soukoku
8 - Doukoku
9 - Kumikyoku [Kyûbi] - Tamamonomae
10 - Kumikyoku [Kyûbi] - Shoumakyou
11 - Kumikyoku [Kyûbi] - Sesshouseki
12 - Kuraiau